Créer un site gratuitement Close

UN ROI QUI EST UN PÈRE

Visitez le site de notre partenaire ; en le faisant vous soutenez les auteurs de ce site, merci ! Commandez avant demain 13 h et choisissez la livraison express pour acheter le nouveau livre numérique tactile de la Fnac.com


Dieu-Roi ? fondateur d'un Royaume ? Représentations dangereuses qui ont inspiré tant d'abus. Il faut d'abord affirmer que nous ne connaissons Dieu qu'à travers nos images humaines, qu'il importe de les "briser" pour qu'elles deviennent Icônes du Dieu vivant.


Nombreux sont les textes bibliques, et tout particulièrement les psaumes qui nous représentent Dieu sous les traits du Seigneur tout-puissant d'un royaume infini, à la gloire sans limite, juge souverain parfaitement équitable. Le psaume 47 nous dit précisément : "Dieu est sublime et redoutable, un grand roi sur toute la terre." Mais le psaume 145, après avoir affirmé : "Le Seigneur est grand, sa gloire est immense, sa grandeur est insondable", nous incline à rechercher cette grandeur ailleurs que dans le redoutable lorsqu'il proclame : "Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère, riche d'amour. Sa bonté s'étend à tous les hommes et son tendre souci à toutes les créatures." Ainsi, grandeur et tendresse, ces qualités s'échangent dans notre représentation comme celle du Psalmiste, pour nous donner de Dieu l'image d'un Roi qui est un père pour ses sujets ou d'un Père qui est un roi pour ses enfants.

des images empruntées à nos réalités

Ces images du royaume et du père, de la tendresse et du jugement, nous sont familières. Peut-être perdons-nous de ce fait la claire conscience de leur caractère symbolique. Nous risquons de perdre également le sens exact de ces réalités monarchiques et patriarcales à travers lesquelles d'autres avant nous ont voulu et pu se représenter leur relation à Dieu. Dieu étant l'absolu, nous ne pouvons que lui attribuer, à chaque époque, nos représentations les plus hautes. Si nous faisons de Dieu notre Roi et notre Père pour pouvoir, face à lui, donner forme à nos attitudes et nous faire, pour ainsi dire, ses sujets et ses enfants, Il ne peut être n'importe quel Roi et n'importe quel Père. Il ne peut être qu'à l'image des meilleurs rois et des meilleurs pères.

Tout peuple possède ainsi un exemple historique embelli, magnifié, où il aime voir, selon l'époque, la prémonition de l'Idéal. Nous avons eu Louis IX et nous l'avons sacralisé. Nous l'avons même "photographié" en train de rendre la justice, en toute simplicité, sous un chêne à Vincennes.

Cette équité majeure, dont la psalmiste rend grâce à Dieu (Ps 96 : "Il jugera l'univers avec équité..."), est aussi pour les juifs une des fonctions les plus importantes de la royauté ; fidèle à la tradition juive, fortement marquée par Jérémie au chapitre 9, 22-23, c'est le discernement du Bien et du Mal, autrement dit le jugement, que Salomon demande en songe à Yahvé (1 Rois, 3, 6-78-9). C'est en cela qu'il plaît à Dieu et que son règne, tout au moins en son début, est le meilleur des règnes. C'est là la nouveauté de sa mission : son nom fait déjà de lui le prince de la Paix (salom) ; les deux récits de son règne soulignent encore l'opposition de Salomon pacifique à David guerrier (1 Rois, 5, 17-19 - 1 Chron, 22, 8-10). Pourtant Salomon aura le droit de construire le Temple, d'établir pendant son règne cette correspondance entre son royaume et Le Royaume.

Mais nous connaissons bien ces règnes exemplaires qui ont servi de modèles à l'imagination des hommes et qui leur ont permis de rendre à Dieu en puissance et en gloire ce qu'ils lui vouent d'admiration et d'amour. Il y en a d'autres, ailleurs qu'en Occident, qui nous présentent des figures aussi considérables, tel l'empereur indou Açoka qui écrivait au troisième siècle avant Jésus-Christ : "Tous les hommes sont mes enfants. De même que je souhaite voir mes enfants jouir de tout le bien et de tout le bonheur du monde, je le souhaite aussi pour tous les hommes." (Edit d'Açoka. Kalinga I.) Il ne fit pas que l'écrire ; "Personne autant que lui, affirmait le professeur Masson-Oursel, n'a concilié l'énergie et la bienveillance, la justice et la charité... Ce que seuls les Utopistes nous paraissent avoir conçu, il l'a effectué en un long règne : au comble de la puissance matérielle il a organisé la paix, et largement au-delà de ses immenses domaines il a réalisé ce rêve de quelques religions : un ordre universel, un ordre humain." (Cf. "L'Inde antique et la Civilisation indienne, p.45, éditions Albin-Michel.)

Jésus seul est l'Image parfaite 

Ainsi donc la gloire de ces rois, l'ordre de leurs royaumes servent-ils de règle à notre espérance, à notre imagination de Dieu et à la définition de nos attitudes à son égard. Le Christ lui-même, parlera du "Royaume" de son "Père", de ce "Royaume qui n'est pas de ce monde". Et pourtant c'est une toute autre vision qu'il nous offre de ce Père. Le bonheur d'un sujet comme celui d'un enfant, aussi grand soit-il, demeure enraciné dans une dépendance qui diminue, "infériorise". Le Christ est justement celui qui vient nous dire que l'image ne doit pas être prise au pied de la lettre, que les seules dettes que nous puissions avoir envers le Père ne sont que des dettes d'amour, que nous sommes faits à son image en ce sens précisément que notre liberté de l'aimer comme de ne pas l'aimer égale l'offre de son amour : les deux sont entières. Le Christ nous révèle donc en quel sens nous sommes faits à l'image de Dieu : c'est dans la relation d'amour que l'homme doit se reconnaître et se souvenir qu'il est "fils de roi". Ainsi se trouvent brisées nos représentations trop littérales. C'est cette brisure nécessaire de nos images et de nos symboles qui inspirait à Paul Tillich les réflexions qui suivent sur la symbolique de la foi ; Paul Tillich s'attaquait à une difficulté que nous ressentons très vivement aujourd'hui et que certains internautes éprouveront s'ils cherchent à utiliser les Psaumes pour leur prière. Les "images" à travers lesquelles nous parlons de Dieu (et à travers lesquelles nous parlons à Dieu) ne nous induisent-elles pas en erreur ? ne serait-il pas préférable d'y renoncer totalement ? mais pourrions-nous alors seulement parler de Dieu ?

Paul Tillich faisait donc fortement remarquer que "le Christianisme, de par sa nature même, rejette tout mythe qui ne serait pas brisé, parce que son fondement est le premier commandement : l'affirmation du caractère absolu de l'absolu et le rejet de l'idolâtrie sous quelque forme que ce soit. Tous les éléments mythologiques qui se rencontrent dans la Bible, dans la doctrine et la liturgie doivent être reconnus comme tels, mais ils doivent être maintenus dans leur forme symbolique et il ne faut pas leur substituer des succédanés scientifiques. Car il n'y a pas de formule de remplacement pour les sylboles et les mythes : ils sont le langage de la foi... On peut remplacer un mythe par un autre, mais on ne peut bannir le mythe de la vie spirituelle de l'homme... Le symbole et le mythe sont des formes permanentes de la conscience humaine". "Le meilleur symbole est donc celui qui non seulement exprime l'absolu, mais aussi son propre manque de l'absolu, le symbole qui, en s'affirmant, affirme aussi la négation de soi : Jésus acceptant la mort sur la croix pour être fidèle au Christ qu'il doit être, est bien ce "symbole parfait". (Introduction) (Paul Tillich - Dynamique de la Foi, p. 67 - éditions Casterman.) C'est ainsi que l'image d'un royaume équitable, mais peuplé de sujets respectueux, se trouve corrigée radicalement par l'humble Seigneurie du Christ se rendant semblable aux hommes, devenant un esclave et prenant sur la croix la place du plus méprisé, du plus abandonné.

N.B. Nous vous invitons à visiter les liens de cet article surtout pour connaître Paul Tillich qui était un théologien allemand puis américain, qui a ensuite émigré aux Etats-Unis lors de la montée du nazisme. Mort le 22 octobre 1965, il était l'auteur de nombreux ouvrages et principalement d'une "Théologie Systématique".

Si vous n'arrivez pas à entendre automatiquement le module sonore de cette page, c'est parce que votre navigateur internet ne prend pas en charge WINDOWS MEDIA PLAYER. Vous devez donc le télécharger sur votre ordinateur. Nous vous conseillons pour un meilleur confort d'utiliser les navigateurs internet suivants : CHROME et/ou MOZILLA FIREFOX

Si vous n'arrivez pas à écouter cette émission automatiquement, vous pouvez cliquer sur le widget (ci-dessous). Afin d'entendre le module sonore, cliquez sur le bouton "PLAY" (deuxième bouton à gauche, à côté du haut-parleur) et l'émission devrait commencer après quelques secondes...


Les psaumes pour cette méditation sont : le 46, 76, 86, 92, 95, 97, 98, 144.

Les crédits et les remerciements : le choeur de l'abbaye de Tamié, les moines de l'abbaye de Ganagobie, l'ensemble Vocal Dédicace, Bruno Boterf et Ludus Modalis. 



Crédits

Conception : E-monsite, Yves Vianney

Rédacteur et propriétaire des textes : Yves Liogier 

Un AudioBlog créé en Mars 2011

Droits réservés : Tous les éléments des sites "YV Company" et "Yves Vianney", "le Blog d'Yves Vianney" et "Librement et Simplement" sont protégés par le droit d'auteur ainsi qu'au titre de la propriété intellectuelle, et ce dans le monde entier.

A ce titre et conformément aux dispositions du Code de la Propriété intellectuelle : 
- toute reproduction totale ou partielle du site est strictement interdite. 
- le visiteur s'engage à ne pas modifier, copier, re-publier, transmettre, vendre ou distribuer de quelque manière que ce soit, ledit site ou les éléments qui le compose.

sacem  sacem-sdrm  scpp

A ceux et celles qui feront le XXIe siècle : nous disons avec notre affection : CREER, c'est résister et RESISTER, c'est créer.

(L'équipe d' YV Company)

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site